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L'assistance philosophique s'applique-t-elle aux adolescents ?
Je pense que l'assistance philosophique peut être particulièrement intéressante auprès des adolescents.*
Je travaille depuis cinq ans au sein d'un programme de l'éducation nationale, qui envoie des philosophes discuter de thèmes philosophiques avec de jeunes adolescents dans des écoles des zones sensibles. Les parents de ces jeunes sont en grande partie issus de l'immigration ou au chômage. La plupart de ces élèves, classés « difficiles », sont complètement « anti-psy ». Ils sont fatigués d'être psychologiquement disséqués, analysés et diagnostiqués. Ils sont, par contre, tout à fait prêts à discuter de concepts philosophiques, d'idées abstraites et de systèmes de croyance interculturels. Quand ils sont traités comme des individus rationnels, logiques et capables de penser, ils se sentent encouragés à s'exprimer de manière intelligente et ils gagnent une grande confiance en eux.
Comme nous le savons tous, l'adolescence est la période du conflit avec l'autorité, l'âge de l'affirmation de soi et de la recherche d'identité. Le dialogue philosophique est une discussion non-manipulatrice et non dogmatique qui peut aider un jeune, par ailleurs extrêmement sensible à la pression de ses pairs, à penser par lui-même, à clarifier ses croyances et à trouver une certaine cohérence entre ses croyances et ses actions. Avec des idées plus claires et en étant sensibilisé au fait que d'autres personnes peuvent penser et croire différemment, le jeune finira inévitablement par développer ses capacités de communication, ce qui lui permettra de résoudre les conflits avec ses parents, ses professeurs et autres représentants de l'autorité.
* Inutile de préciser qu'un adolescent non majeur ne peut venir en consultation qu'en présence ou avec la permission écrite de son tuteur légal.

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